Facturation électronique : Le gouvernement pousse à la digitalisation fiscale
La Tunisie franchit une étape décisive dans sa stratégie de modernisation fiscale avec l’introduction progressive de la facturation électronique. Cette réforme, inscrite dans la loi de finances 2026, marque une volonté claire du gouvernement de renforcer la transparence et de lutter contre l’évasion fiscale. En imposant l’utilisation de factures dématérialisées, l’État cherche à aligner le pays sur les standards internationaux en matière de digitalisation des transactions économiques.
La mise en place de la facturation électronique s’est faite par étapes. Dans un premier temps, elle a concerné les grandes entreprises, les fournisseurs de l’État ainsi que les secteurs sensibles comme les hydrocarbures et les médicaments. Depuis janvier 2026, l’obligation s’étend désormais à toutes les entreprises assujetties à la TVA, ce qui représente un tournant majeur pour l’ensemble du tissu économique tunisien.
Sur le plan pratique, les factures doivent être émises et transmises via une plateforme nationale dédiée, garantissant leur traçabilité et leur conformité. Cette digitalisation permet non seulement de réduire les coûts administratifs, mais aussi de faciliter les contrôles fiscaux. Toutefois, de nombreuses PME rencontrent des difficultés techniques et organisationnelles, notamment liées à l’inscription sur la plateforme et à l’adaptation de leurs systèmes comptables.
Les impacts attendus sont multiples. Pour l’État, la facturation électronique constitue un outil puissant de lutte contre la fraude et d’optimisation des recettes fiscales. Pour les entreprises, elle représente une opportunité de moderniser leur gestion, d’améliorer la fluidité des transactions et de gagner en compétitivité. Néanmoins, cette transition impose des investissements en logiciels et en formation, ce qui peut constituer un défi pour les petites structures.
En définitive, la facturation électronique s’impose comme une réforme incontournable pour l’avenir de la fiscalité tunisienne. Elle traduit une volonté politique forte de digitaliser l’économie et de renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables. Si les obstacles techniques et organisationnels sont surmontés, cette réforme pourrait devenir un levier majeur de transparence et de croissance.

