Exportations tunisiennes : reprise confirmée à fin novembre 2025
Les exportations tunisiennes ont enregistré une progression notable à la fin du mois de novembre 2025, atteignant 57,9 milliards de dinars, soit une hausse de 1,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette annonce, faite par le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), constitue un signal positif pour l’économie nationale, qui cherche à consolider sa crédibilité et à renforcer sa présence sur les marchés internationaux. Après une période marquée par des incertitudes économiques et des tensions budgétaires, cette reprise des exportations apparaît comme un facteur de confiance pour les opérateurs économiques et les investisseurs.
La dynamique observée est le résultat d’une performance sectorielle diversifiée. Le secteur agroalimentaire a bénéficié d’une demande accrue sur les marchés européens et africains, confirmant la place stratégique de la Tunisie dans la chaîne d’approvisionnement régionale. Les matériaux de construction ont également connu une forte demande, notamment en Afrique subsaharienne, où les projets d’infrastructure se multiplient. Le secteur pharmaceutique et cosmétique s’est distingué par une croissance spectaculaire, avec une hausse de plus de 240 % des exportations vers le Nigéria en seulement onze mois. Enfin, le textile et l’habillement, pilier historique des exportations tunisiennes, continue de maintenir sa compétitivité sur les marchés européens, malgré une concurrence internationale de plus en plus forte.

Au-delà des chiffres, le CEPEX souligne que la capacité d’exportation de la Tunisie avoisine 23 milliards de dollars, dont plus de 11 milliards restent inexploités. Ce constat met en lumière un potentiel considérable pour diversifier les marchés et renforcer la présence tunisienne à l’international. La Tunisie dispose d’atouts indéniables : une main-d’œuvre qualifiée, une proximité géographique avec l’Europe, et une tradition industrielle dans des secteurs clés. Toutefois, pour transformer ce potentiel en résultats tangibles, il est nécessaire de mettre en place des stratégies plus offensives. Cela implique le développement de représentations commerciales dans les zones à forte croissance, l’amélioration de la qualité et de la conformité aux normes internationales, ainsi que l’optimisation des chaînes logistiques afin de réduire les coûts et d’accroître la compétitivité.
L’impact économique de cette progression des exportations est multiple. D’abord, elle contribue à réduire le déficit commercial, un enjeu majeur pour la stabilité macroéconomique du pays. Ensuite, elle stimule l’investissement privé dans les secteurs exportateurs, encourageant les entreprises à moderniser leurs outils de production et à adopter des standards internationaux. Enfin, elle renforce la crédibilité économique de la Tunisie auprès de ses partenaires internationaux, en montrant que le pays est capable de maintenir une dynamique positive malgré les défis structurels.
Cependant, cette reprise reste fragile et dépendante de plusieurs facteurs. Les tensions sociales, les contraintes budgétaires et la nécessité de réformes structurelles continuent de peser sur l’environnement économique. Les agences de notation internationales, telles que S&P et Fitch, ont récemment rappelé que la soutenabilité de la dette publique demeure une préoccupation majeure. Dans ce contexte, la progression des exportations ne doit pas être perçue comme une fin en soi, mais comme un levier stratégique pour renforcer la résilience économique et améliorer la balance des paiements.
Pour les opérateurs économiques, cette évolution représente une opportunité de repositionnement. Les entreprises tunisiennes sont appelées à investir davantage dans l’innovation, la qualité et la diversification des produits. Le marché africain, en particulier, offre des perspectives prometteuses, avec une demande croissante dans les secteurs de la santé, de la construction et de l’agroalimentaire. De même, la consolidation des relations commerciales avec l’Europe reste essentielle, notamment dans le cadre des accords de partenariat et de libre-échange.
Sur le plan institutionnel, le rôle du CEPEX est central. En tant qu’organisme de promotion, il doit accompagner les entreprises dans leur démarche d’internationalisation, en fournissant des études de marché, des formations et un soutien logistique. La mise en place de plateformes numériques pour faciliter les échanges et la visibilité des produits tunisiens à l’étranger constitue également une piste à explorer.
En définitive, les 57,9 milliards de dinars d’exportations à fin novembre 2025 ne sont pas seulement un chiffre, mais un indicateur de la capacité de la Tunisie à se repositionner sur l’échiquier économique international. Cette progression, bien que modeste en pourcentage, traduit une dynamique positive qui mérite d’être consolidée par des politiques publiques cohérentes et des stratégies privées ambitieuses. L’avenir du commerce extérieur tunisien dépendra de la capacité du pays à transformer ses atouts en avantages compétitifs durables, à diversifier ses marchés et à renforcer sa crédibilité institutionnelle.

