Devant le flux record attendu pour la fête de l'Indépendance et l'Aïd el-Fitr, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) frappe du poing sur la table. L’institut d’émission demande, par note officielle, aux banques une disponibilité totale des DAB et une fiabilité absolue des paiements électroniques. Avec l'explosion de la circulation fiduciaire et les enjeux du « decashing », découvrez pourquoi cette mobilisation est cruciale pour l'économie tunisienne en ce mois de mars 2026.

À l’approche d’une période cruciale pour la consommation des ménages tunisiens, avec la fête de l’Indépendance prévue le 20 mars et l’Aïd el-Fitr qui approche, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a officiellement pris les devants afin d’assurer la fluidité des transactions financières. Par une note circulaire diffusée aux banques locales et à l’Office National des Postes, l’institut d’émission a souligné l’impératif de continuité des services, jugé essentiel pour préserver la stabilité sociale et économique en ces jours de forte affluence.

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Cette directive intervient alors que la circulation fiduciaire en Tunisie a atteint des niveaux historiquement records, dépassant récemment le seuil des 28 milliards de dinars. Face à cette pression sur le « cash », la BCT exige des établissements de crédit un approvisionnement rigoureux et continu des Distributeurs Automatiques de Billets (DAB). Les banques sont donc invitées à établir des systèmes de surveillance technique afin d’anticiper d’éventuelles ruptures de stock de billets ou pannes matérielles susceptibles de se produire durant les jours fériés, moment où les services en agence sont interrompus.

En plus de la gestion des liquidités physiques, l’autorité monétaire accorde une importance particulière à la fiabilité des infrastructures de paiement électronique. Avec la transformation digitale qui se poursuit à un rythme soutenu, la disponibilité des terminaux de paiement (TPE) et les performances des plateformes de paiement en ligne sont des priorités incontournables. La BCT invite les établissements financiers à renforcer la surveillance de leurs serveurs monétiques afin de faire face aux pics de transactions attendus, et d’éviter ainsi tout désagrément aux commerçants et aux consommateurs lors des achats de l’Aïd.

Par ailleurs, pour répondre aux besoins spécifiques de change manuel et de retrait de dernière minute, une ouverture exceptionnelle des guichets de banque et de la Poste est prévue le samedi 21 mars 2026. Cette permanence, qui s’étend généralement de 9h00 à 12h00, permet d’assurer un service de caisse minimal pour le public. Cette organisation logistique complexe, orchestrée par la BCT, vise à rassurer les citoyens et à garantir que les festivités nationales et religieuses se déroulent sans heurts financiers, tout en rappelant la solidité du système bancaire tunisien face aux périodes de haute tension monétaire.

Ces mesures s’appuient sur les prérogatives de la Banque Centrale de Tunisie en matière de régulation de la circulation fiduciaire et de surveillance des systèmes de paiement, conformément aux dispositions de la loi n° 2016-35 portant statut général de la BCT. Les rapports quotidiens de surveillance de la liquidité permettront à l’institut d’émission de réagir en temps réel à tout dysfonctionnement détecté sur le réseau national des paiements.

L’Avis de Capital Vision TN : Une logistique monétaire sous haute tension

L’appel à la vigilance lancé par la Banque Centrale de Tunisie n’est pas une simple routine administrative de veille de fête. Il s’inscrit dans un contexte monétaire particulièrement tendu, la circulation fiduciaire (le « cash » entre les mains du public) atteignant des sommets, frôlant les 28,5 milliards de dinars. Pour Capital Vision TN, cette mobilisation des banques porte sur trois enjeux stratégiques majeurs :

  1. La gestion du risque de rupture : En période d’Aïd, la demande de liquidités explose. Une indisponibilité des DAB, même partielle, pourrait gripper la consommation intérieure au moment où les commerçants réalisent leur plus gros chiffre d’affaires de l’année. La réactivité des banques sur l’approvisionnement des automates est donc le premier rempart contre une frustration sociale légitime.
  2. Le test de résilience des paiements digitaux : Si la BCT insiste tant sur la continuité des services de paiement électronique, c’est pour pousser progressivement les Tunisiens vers le « decashing ». La réussite de cette période de fêtes, sans bugs sur les TPE ou les applications de mobile banking, est cruciale pour instaurer une confiance durable dans l’économie numérique.
  3. L’impact sur la liquidité bancaire : Ce retrait massif de cash assèche temporairement les coffres des banques commerciales, les forçant souvent à se refinancer auprès de la BCT. C’est un indicateur que nous suivons de près chez Capital Vision, car il influence directement les taux du marché monétaire (TMM) à court terme.

Notre conseil aux usagers : Pour éviter les files d’attente interminables devant les distributeurs, nous recommandons de privilégier les paiements par carte ou mobile dès que possible. Pour les entreprises, assurez-vous de la mise à jour de vos terminaux avant le 20 mars pour garantir une continuité totale de vos encaissements.

Source officielle : Direction Générale des Services aux Banques, Banque Centrale de Tunisie (BCT), Note aux établissements de crédit n°2026-12 du 17 mars 2026.

 

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