Découvrez l'analyse des indicateurs du T2 2026 de Tawasol Group Holding (TGH). Une croissance de 29,46% portée par l'export et un désendettement massif.

TAWASOL GROUP HOLDING (TGH) : L’export propulse le T2 2026, mais la structure du chiffre d’affaires mute en profondeur

Tawasol Group Holding (TGH) vient de publier ses indicateurs d’activité relatifs au deuxième trimestre 2026. Si la trajectoire globale reste solidement orientée à la hausse, les chiffres révèlent une transformation profonde et structurelle du modèle d’affaires du groupe. Entre basculement massif vers l’international et assainissement remarquable du bilan, décryptage d’une publication à forte valeur ajoutée pour les investisseurs de la Bourse de Tunis.

Une croissance globale solide portée par un moteur unique : l’Export

Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires (CA) global de TGH s’établit à 28,62 millions de dinars (MD), contre 22,11 MD un an plus tôt, soit une progression vigoureuse de 29,46 %. Sur l’ensemble du premier semestre, le cumul atteint 49,31 MD (contre 40,20 MD au S1 2025), confirmant une dynamique semestrielle en croissance de 22,66 %.

Cependant, cette performance globale cache une réalité duale :

 

    • L’explosion de l’export : Le CA export bondit de 211,07 % au T2 pour atteindre 18,27 MD (contre 5,87 MD au T2 2025). Il est principalement tiré par le pôle Services & Infrastructures et ses grands chantiers en Afrique subsaharienne.

    • Le repli du marché local : À l’inverse, le CA local subit un net coup de frein, reculant de 36,24 % sur le trimestre à 10,35 MD. Ce recul s’explique par la non-reconduction d’un contrat-cadre majeur dans les Télécoms et par des vents contraires dans le pôle Industries.

Analyse sectorielle : L’Infrastructure comme locomotive

Pôle Services & Infrastructures (+110,62 %)

C’est le véritable poumon de la croissance du groupe. Son CA trimestriel a plus que triplé par rapport au premier trimestre 2026, grimpant à 15,29 MD. L’export représente désormais 74 % du CA semestriel de ce pôle, porté par deux projets majeurs au Bénin :

 

    • Le projet d’assainissement et d’aménagement urbain de la ville de Lokossa (9,28 MD sur le semestre).

    • Le démarrage opérationnel du chantier routier Akassato – Sô-Ava, qui a généré 4,33 MD de facturation sur le seul T2. Sur le plan local, l’accélération des projets avec la STEG a permis de limiter la casse (+3,75 MD au T2).

Pôle Télécommunications (+13,32 %)

Le pôle affiche un CA global de 7,35 MD. Si l’activité export progresse de 22,62 % (11,86 MD au premier semestre), le marché local affiche une baisse de 21,98 %. Ce repli est la conséquence directe de la non-reconduction du contrat-cadre avec l’opérateur Ooredoo pour les deux prochaines années.

Pôle Industrie (Palma) (-28,45 %)

Le chiffre d’affaires recule à 5,97 MD au T2. Malgré une participation active à la Foire de Carthage 2026 pour promouvoir ses profilés d’aluminium, la filiale souffre de lourdes perturbations sur sa chaîne d’approvisionnement. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient (impliquant l’Iran) ont provoqué des retards de livraisons de matières premières et une forte volatilité des prix d’achat.

Pôle Immobilier (-41,82 %)

L’activité reste marginale (6 400 DT de CA au T2), mais le groupe amorce un pivot stratégique. L’objectif est double : monétiser les réserves foncières à court terme pour générer des liquidités et relancer un projet de promotion résidentielle à moyen terme. Les études architecturales sont finalisées, et une étude de rentabilité est en cours pour lever des financements bancaires dédiés.

Le signal fort : Un désendettement massif et structurel

C’est le point le plus rassurant de cette publication pour les analystes financiers : la qualité du bilan s’améliore significativement.

 

    • L’endettement total recule de 20,04 % sur un an, s’établissant à 42,29 MD au 30 juin 2026 (contre 52,89 MD au 30 juin 2025).

    • Ce sont surtout les dettes à moyen et long termes (CMT) qui fondent littéralement, affichant une baisse de 40,05 % pour tomber à 19,98 MD.

À noter : La dette à court terme progresse quant à elle de 14,08 % (à 22,30 MD). Une évolution tout à fait logique et saine, puisqu’elle sert exclusivement à financer le besoin en fonds de roulement (BFR) et le cycle d’exploitation des grands chantiers d’infrastructure en cours.

En parallèle, le groupe marque une pause tactique dans ses investissements : aucun investissement n’a été enregistré au T2 2026 (contre 3,48 MD au T2 2025). L’effort semestriel s’établit à 791 KDT (essentiellement concentré sur le T1), traduisant une gestion rigoureuse du cash-flow disponible.

L’Avis de l’Expert

« La publication de Tawasol Group Holding met en lumière un profil d’entreprise en pleine mutation, qui passe d’un modèle historiquement domestique à un profil de pure player de l’exportation de services en Afrique subsaharienne.

Sur le plan fondamental, le désendettement massif (notamment la baisse de 40 % de la dette CMT) est un excellent catalyseur pour la valorisation du titre à moyen terme. Le groupe assainit sa structure financière et réduit ses frais financiers futurs.

Cependant, pour les investisseurs en Bourse, cette stratégie implique un changement de matrice de risques. La dépendance croissante envers quelques méga-chantiers (comme au Bénin) expose TGH à des risques d’exécution, de change et à des aléas géopolitiques. De plus, la comptabilisation des revenus d’infrastructures par avancement de chantier risque de générer une forte volatilité d’un trimestre à l’autre. La capacité du groupe à maintenir sa dynamique export au T3 2026 sera le test crucial pour valider la pérennité de cette croissance à deux chiffres. Le titre reste attractif pour les profils tolérants à la volatilité, séduits par la décote de holding et l’assainissement du bilan. »

Source officielle : Communiqué Intégral des Indicateurs d’Activité (T2 2026)  Télécharger le document officiel PDF (Tawasol Group Holding) 

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