
Les moteurs extérieurs du financement de l’économie tunisienne continuent de faire preuve d’une résilience remarquable en cette période estivale. Selon les derniers indicateurs monétaires et financiers arrêtés au 31 juillet 2026 et publiés par la Banque Centrale de Tunisie (BCT), le cumul des transferts des Tunisiens Résidant à l’Étranger (TRE) et des recettes touristiques s’élève à près de 9,7 milliards de dinars (précisément 9,66 milliards de dinars), enregistrant une hausse globale de 4,98 % par rapport à la même période de l’exercice 2025.
En première ligne du soutien aux équilibres financiers extérieurs, la communauté tunisienne à l’étranger confirme son rôle de pilier socio-économique majeur. Les revenus du travail cumulés en espèces (transferts des TRE) ont franchi le seuil symbolique des 5,3 milliards de dinars à la fin du mois de juillet 2026. Ce chiffre marque une progression de 5,18 % (+261,3 millions de dinars) par rapport aux 5,04 milliards de dinars enregistrés une année auparavant. Représentant environ 55 % du total des entrées devises générées par ces deux canaux combinés, les transferts de la diaspora demeurent la première source de liquidité en devises pour le pays, devançant le secteur touristique de près d’un milliard de dinars.
Lire aussi :
- Entre dette honorée et Tunindex historique : La trajectoire de résilience de l’économie tunisienne
- Coopération financière : La Tunisie obtient un prêt majeur de 312 millions de dollars du Fonds Monétaire Arabe (FMA)
De son côté, l’industrie touristique tunisienne poursuit son redressement et sa dynamique de croissance à un rythme soutenu. Les recettes touristiques se sont établies à 4,36 milliards de dinars au terme des sept premiers mois de l’année 2026, contre 4,16 milliards de dinars au 31 juillet 2025, soit une augmentation de 4,73 % (+196,8 millions de dinars). Bien que soumis aux aléas conjoncturels et aux coûts opérationnels du secteur, ces flux monétaires apportent une contribution déterminante au bilan des paiements courants.
Sur le plan macroéconomique et monétaire, cet apport combiné de près de 9,7 milliards de dinars agit comme un véritable amortisseur pour le Trésor et la BCT. Il permet de maintenir le stock des avoirs nets en devises au-dessus des seuils de sécurité de couverture des importations stratégiques (produits de base, énergie et produits pharmaceutiques), tout en apaisant les pressions sur la parité du dinar tunisien sur le marché des changes. Toutefois, le défi stratégique pour les autorités publiques consistera désormais à mettre en place des mécanismes d’incitation financière et fiscale pour canaliser une part plus importante de cette manne privée des TRE vers des investissements productifs à fort coefficient de valeur ajoutée, plutôt que vers la seule consommation des ménages.
Source officielle : Banque Centrale de Tunisie (BCT) – Indicateurs Monétaires et Financiers (Situation décadaire au 31 juillet 2026).