Tandis que la Tunisie se prépare à terminer l'exercice 2025, les indicateurs de la Banque Centrale deviennent positifs. Avec des réserves de devises atteignant 25 272 millions de dinars, le pays bénéficie d'une couverture sécuritaire équivalente à 107 jours d'importation. Découvrez comment la Tunisie 🇹🇳 renforce son économie face aux enjeux de 2026, entre performances records en exportation et attirance stratégique des investissements étrangers (IDE). Une étude réservée de Capital Vision TN

 

TUNIS – À la fin de l’année 2025, les indicateurs financiers de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) montrent une robustesse rassurante. Le 22 décembre 2025, les réserves nettes en monnaies étrangères ont franchi la barre symbolique des 25 272 millions de dinars, ce qui permet de financer 107 jours d’importations.
Cette performance, légèrement améliorée par rapport au début du mois, reflète une gestion stricte des équilibres externes dans un environnement macroéconomique mondial toujours instable.

Cette quantité de réserves représente un « tampon de sécurité » essentiel pour la stabilité du dinar tunisien et la confiance de nos partenaires à l’international.
Les fondements de cette performance
Ce renforcement du stock de devises s’explique par divers éléments structurels et conjoncturels :

    • L’essor des exportations : D’après les récentes statistiques du CEPEX, le montant des exportations de la Tunisie a dépassé les 57,9 milliards de dinars à la fin de novembre 2025. Cette dynamique est stimulée par les secteurs de l’industrie mécanique et électrique, tout comme par la performance exceptionnelle de l’huile d’olive.

    • La contribution essentielle de la diaspora : Les envois de fonds des Tunisiens Les résidents à l’étranger (TRE) continuent d’agir comme un stabilisateur automatique. En 2025, ces flux ont poursuivi leur progression stable, partiellement contrebalançant le déficit de la balance commerciale.

    • La relance avérée du secteur touristique : Le secteur touristique, avec une augmentation de plus de 6% des revenus au cours de l’année, a injecté des fonds essentiels en devises, soutenant directement les réserves de la BCT.
      Un défi de souveraineté économique.
      Franchir la barre des 100 jours d’importation constitue un indicateur crucial pour les agences de notation et les investisseurs. Cela indique que la Tunisie a assez de ressources pour respecter ses obligations internationales (rembourser sa dette) et pour financer ses acquisitions cruciales (énergie, céréales, médicaments), sans une pression immédiate sur le taux de change.
      Toutefois, les spécialistes insistent sur le fait que cette stabilité devrait être accompagnée d’une vigilance renforcée. Avec la masse monétaire en circulation ayant atteint un niveau sans précédent de 26 milliards de dinars, le challenge réside dans la bancarisation de l’économie non officielle. Par ailleurs, l’achat récent de SOTUVER par BA Glass et l’arrivée de Cementos Molins dans le domaine du ciment témoignent de l’attractivité persistante des Investissements Directs Étrangers (IDE) comme un outil crucial à intensifier pour assurer la durabilité de ces ressources.
      Quels sont les projections pour l’année 2026 ?
      En vertu de la Loi de Finances 2026, le gouvernement prévoit un budget de 79,6 milliards de dinars avec l’objectif d’une diminution permanente de la dette extérieure. Cette stratégie mettra l’accent sur la solidité des réserves de change comme axe central, afin d’assurer à la Tunisie une position relativement forte lors des négociations de ses financements futurs.
      Pour les acteurs économiques et financiers, l’enjeu n’est plus simplement de « préserver » le stock, mais de le mobiliser comme un outil de croissance pour soutenir la transition énergétique et la modernisation de l’industrie.
      Vers un changement indispensable du modèle de croissance.sance

    • En somme, bien que la conservation des réserves de change à hauteur de 107 jours d’importation procure un soutien vital à la stabilité du Dinar, cela ne doit pas masquer le besoin urgent de réformes structurelles. La force actuelle de la Banque Centrale de Tunisie constitue une base solide, mais la durabilité de ce modèle dépend désormais de la capacité du pays à convertir cet atout monétaire en moteur de croissance tangible. L’objectif pour 2026 consistera à faire la transition d’une économie axée sur la résilience vers une économie orientée vers l’expansion, en attirant un plus grand volume de flux financiers vers les secteurs technologiques et en renforçant l’intégration de la masse monétaire informelle dans le système bancaire. Concernant la Tunisie, l’enjeu de la souveraineté économique se joue actuellement sur le plan de la confiance et de la mise à jour de son arsenal financier.

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